Champagne Gérard Neuville, on the road again

C’est tout au bout de la route 66, dans la ville chiquissime Santa Monica, Californie, que l’arrivée au monde de Geoffroy, deux semaines sur la photo, a été dûment fêté… au champagne Gérard Neuville !

La législation américaine – sans doute un reste de la période de prohibition – n’autorise pas la consommation d’alcool à l’extérieur. Heureusement, les photos sont encore autorisées. Merci à JB de ces photos sympathiques, et félicitations aux heureux parents.


La Route 66 est le plus mythique des itinéraires des USA : pensée pour relier Chicago à Los Angeles, elle s’étend d’est en ouest sur 3665 kilomètres (2278 miles), traverse trois fuseaux horaires, et 8 états : Illinois, Missouri, Kansas, Oklahoma, Texas, Nouveau-Mexique, Arizona et Californie.

Avant elle, pour relier l’Est à l’Ouest, il n’y avait que la mer, et la voie du Horn. Puis la pression migratoire de l’est vers l’ouest, permit la mise sur pied d’une voie ferrée transcontinentale, dès 1867. Mais il fallut attendre encore un demi-siècle pour que l’idée d’une route voie le jour.

Ce gigantesque chantier fut confié à Cyrus Avery, un entrepreneur de Tulsa (Oklahoma), qui va débuter les travaux en 1926. Au début, la route 66 est dallée de pavés rouges.

Les années 30 furent difficiles pour la route 66. Ce fut la grande crise de 29, et cet accident climatique appelé “Dust Bowl” : de 1934 à 1936, des sécheresses et des tempêtes de poussières ont détruit toutes les récoltes de l’Oklahoma et de l’Arkansas. Salariés réduits à la misère et agriculteurs ruinés s’engouffrent sur la route 66, pour tâcher de trouver à l’Ouest de meilleurs conditions de vie (“La 66 est la route des réfugiés, de ceux qui fuient le sable et les terres réduites, le tonnerre des tracteurs, les propriétés rognées, la lente invasion du désert vers le nord, les tornades qui hurlent à travers le Texas, les inondations qui ne fertilisent pas la terre et détruisent le peu de richesses qu’on y pourrait trouver. C’est tout cela qui fait fuir les gens, et par le canal des routes adjacentes, les chemins tracés par les charrettes et les chemins vicinaux creusés d’ornières les déversent sur la 66. La 66 est la route-mère, la route de la fuite.” John Steinbeck, Les Raisins de la Colère)

Ce n’est qu’en 1937, au bout de 12 ans de travaux, qu’elle sera complètement goudronnée, en faisant la première route trans-continentale de la planète.

Aux USA comme en Europe, la fin de la seconde guerre mondiale et les années 50 sont des années fastes. La route 66, « Main Street of USA » passe alors du tragique au festif. Empruntée par des milliers de touristes et vacanciers, elle suscite un extraordinaire développement touristique et commercial tout au long du tracé : motels, petites villes, stations services poussent comme des champignons (« If you ever plan to motor west, Travel my way, take the highway that is best. Get your kicks on route sixty-six … » Nat King Cole ). Des trésors d’inventivité sont mis à contribution pour faire s’arrêter le touriste dans les multiples sites bordant la route :animations, publicités, etc.

Mais les temps change : le président, Eisenhower, impressionné par les autoroutes construites par les Allemands dans les années 30, décide la construction d’un réseau d’autoroute aux USA, arrêt de mort pour la route 66, progressivement déclassée de 1970 à 1985. Petit à petit, tout s’arrête, les motels sont abandonnées, les commerces périclitent, et certaines villes deviennent des Ghost towns, les « villes-fantômes ».

Histoire tout à fait semblable à celle de nos nationales 7, 10 et 20, routes mythiques des congés-payés, qui avaient fait naître sur leur parcours de nombreuses activités commerciales, gastronomiques et touristiques, délaissées aujourd’hui par un réseau autoroutier, qui a fait gagner en confort ce qu’il a fait perdre à la culture et à la joie de vivre.

 

 

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